MONOGRAPHIE COMMUNALE DE ST CYR (1899)

 

I – Partie géographique

 

Situation, Aspect général

 

Saint-Cyr-l’Ecole, dont l’importance est due à l’Ecole spéciale militaire, est situé à 5 km ouest de Versailles. Il est relié à cette ville par une magnifique route (route nationale n°10, de Paris à Bayonne) qui, passant d’abord entre l’Orangerie et la Pièce d’eau des Suisses, côtoie d’un côté le Parc avec la Ménagerie, et de l’autre le Polygone du génie ; elle laisse apercevoir au pied des hauteurs couronnées par les Bois de Satory, la vaste gare des marchandises dite des Matelots.

     Après le Bassin de Choisy, la route, traversant sur un pont le chemin de fer de Grande-Ceinture, atteint les premières maisons, deux pavillons symétriques reliés autrefois par une grille ; aussi cette entrée de St-Cyr porte toujours le nom de « Grille » et comme elle est une dépendance du Parc de Versailles, elle ne fait pas partie de la commune de St-Cyr.

     Les maisons de St-Cyr s’étagent sur les pentes de la colline qui gravit la route nationale débouchant ensuite sur un vaste plateau ; mais la partie la plus ancienne s’étend dans la partie basse qui entoure l’Ecole militaire.

     St-Cyr présente donc deux parties distinctes :

     1° le haut de St-Cyr, bâti le long de la Route nationale sur une longueur de près de 1500 mètres ; c’est le quartier le plus agréable ; il renferme un assez grand nombre de maisons de plaisance dont plusieurs sont habitées par les officiers ;

     2° le bas de St-Cyr, dont une partie : la rue de l’Ecole prolongée par la rue de Neauphle, est assez bien bâtie, on y trouve l’Ecole militaire, la nouvelle église, la mairie et les écoles. Mais l’autre partie, la rue de l’Eglise, forme le quartier le moins agréable de St-Cyr ; là, pas d’alignement régulier, pas d’écoulement pour les eaux, maisons habitées par une population ouvrière : c’est l’ancien St-Cyr groupé autour de l’église et de l’Abbaye.

 

Communes limitrophes

 

     Le territoire de la Commune de St-Cyr-l ’Ecole est entouré :

     Au Nord, par la commune de Bailly ; le Rû de Gally forme la limite entre les deux territoires ; 

     A l’Ouest, par les communes de Fontenay-le-Fleury et de Bois-d’Arcy ;

     Au Sud, par la commune de Guyancourt ;

     Et à l’Est, par la commune de Versailles dont elle est séparée sur une longueur de 3 km par un mur fermant le camp de Satory et le Parc

 

Population

 

     La population totale de St-Cyr est, d’après le dernier recensement de 4205 habitants.

     Mais en ne comptant pas l’Ecole militaire, la population municipale s’élève à 2576 habitants

     En outre de l’élément militaire, la population de St-Cyr est formée en grande partie d’ouvriers employés à l’Ecole militaire à différents titres (garçons d’école, cavaliers de manège, etc…) ou d’employés de chemin de fer, car St-Cyr possède deux gares et est à proximité de la grande gare des Matelots. 

     Cette dernière partie de la population se renouvelle assez fréquemment.

     Beaucoup d’habitants ne sont pas originaires de St-Cyr un assez grand nombre viennent de la région de l’Ouest et surtout de la Bretagne.

     St-Cyr, grâce à cette immigration causée par l’importance plus grande de l’effectif de l’Ecole militaire, progresse sensiblement et d’une façon continue depuis une cinquantaine d’années

 

 

 

 

 

     Par suite de la double augmentation de la population et de l’effectif de l’Ecole, un grand nombre de maisons nouvelles ont été construites, surtout dans ces dix dernières années. La partie comprise entre la Route nationale et la rue de l’Ecole était occupée par des jardins et une étendue de terrain connue sous le nom de Pièce Saint-Louis ; aujourd’hui cet emplacement est presque complètement bâti et de jolie maisons se sont élevées.

 

Etende du territoire

     Le territoire de St-Cyr n’est pas très étendu : il s’étend sur une longueur moyenne d’un peu plus de 3 km du nord au sud, et de 1 km ½ environ, de l’est à l’ouest. Sa superficie est de 379 hectares.

 

Relief du sol, Altitude

     Le territoire de St-Cyr présente au point de vue du relief du sol 3 parties distinctes.

     1° Au sud, un plateau qui se continue vers Trappes et Montigny le Bretonneux, d’une altitude moyenne de 160 mètres (164m à l’endroit où la Route nationale quitte le territoire) ; c’est sur ce plateau que se trouve le fort de St-Cyr, mais sur le territoire de Bois-d’Arcy ;

     2° Ce plateau s’abaisse vers le nord en pente douce, c’est sur le versant du coteau que s’étagent les maisons de St-Cyr. Dans le village, l’altitude varie de 130 à 150 mètres environ ;

     3° La plaine qui s’étale au pied du coteau en s’abaissant graduellement ver le nord où le Rû de Gally occupe le point le plus bas du territoire (91m).

 

Hydropographie

     Au point de vue de l’eau, St-Cyr n’est pas favorisé. C’est actuellement une grosse question, l’eau à St-Cyr, mais que les faibles ressources de la commune ne permettent pas de résoudre aussi vite que la population le désirerait.

               Un certain nombre de puits alimentent quelques maisons ; ailleurs, on consomme l’eau de pluie recueillie dans des citernes ; mais l’eau manquerait souvent sans l’Ecole militaire qui alimente 3 fontaines ouvertes seulement à certaines heures de la journée. Aussi cette disette d’eau est cause de l’insuffidance de propreté des ruisseaux et des rues en été.

     Sur le plateau se trouve l’ancien étang de Bois-Robert complétement à sec ; c’est exceptionnellement qu’on y a vu de l’eau en 1896-1897 à la suite de pluies continuelles. L’écoulement des eaux de cette partie du plateau se fait par la Bièvre dont la source est non loin de là, à Bouviers.

     Deux ruisseaux, deux minces filets d’eau, coulent vers le nord et se réunissent avant d’arriver au Rû de Gally, bien peu important lui-même, car il est ici presque à sa naissance ; il sort du Parc de Versailles par la ferme de Gally et va se jeter dans la Mauldre, affluent de la Seine, après un parcours d’environ 20 km.

 

Nature du sol

 

     Le sol est sablo-argileux sur le plateau et ses pentes ; le sable jaune se trouve en certains endroits à une faible profondeur comme à la sablière à l’ouest de St-Cyr et au-dessus de la gare. Dans les parties basses, le sol est plus argileux.

 

Climat

     Comme tous les environs de Paris, le climat est tempéré. L’air est plus vif sur  la hauteur. St-Cyr se trouve environné de bois qui contribuent à y entretenir un air sain : Bois de Satory et de Bois-d’Arcy, Forêt de Marly et Parc de Versailles.

 

Voies de communication

     St-Cyr est sans contredit l’un des points du département les mieux desservis par les voies de communication.

     1° Routes – St-Cyr est traversé de l’est à l’ouest par la Route nationale n°10 de Paris à Bayonne, par Trappes, Rambouillet, Chartres, etc., qui se bifurque à l’entrée de Trappes pour Houdan, Brest (route nationale n°12).

     Dans St-Cyr, à 300 mètres environ de la Grille, se détache de la route précédente, le Chemin de grande communication n°34 de St-Cyr à Neauphle.

     Au même point, et se dirigeant vers le nord, commence le Chemin de grande communication n°7, mettant St-Cyr en communication avec Marly-le-Roi (8km) et St-Germain (12 km).

     En quittant St-Cyr par la route nationale, à l’ouest, le Chemin d’intérêt commun n°17 conduit à Bois-d’Arcy.

     2° Tramway – St-Cyr est relié à Versailles par une ligne de tramway établie le long de la route nationale. Cette ligne a son point de départ près de la porte de l’Ecole militaire et se termine à Versailles en face de la Gare Rive Gauche.

     D’abord à vapeur, et remplaçant les anciens omnibus de St-Cyr à Versailles, le tramway fait partie depuis 1897 du réseau des tramways électriques de Versailles. De fréquents départs (deux à l’heure dans chaque sens) permettent de se rendre facilement rapidement (1/4 d’heure) à Versailles.

     3° Chemins de fer – St-Cyr est une station importante : c’est une gare d’embranchement située sur deux lignes de l’Ouest : Paris à Brest, et Paris à Granville ; la bifurcation se fait à la sortie de la gare. Son importance s’accroîtra encore dès que la ligne de Plaisir et Epône sera livrée à la circulation, ce qui ne tardera pas.

     Les relations avec la capitale sont donc très faciles : en 35 à 40 minutes, les trains franchissent la distance de St-Cyr à Paris.

     Une autre station est établie sur le Chemin de fer de Grande Ceinture ; cette ligne rend les communications faciles non seulement avec St Germain, mais avec les lignes des autres réseaux et tous les points du département.

 

Agriculture

     Le territoire de St-Cyr est peu étendu et un petit nombre d’habitants seulement s’adonnent à l’agriculture

     Sur une superficie totale de 379 hectares, 340 environ sont en culture. On trouve :

165 parcelles au-dessous de 1 Ha

48 de 1 à 5 Ha

7 de 5 à 10 Ha

6 de 10 à 20 Ha

3 de 20 à 30 Ha

     Les productions du sol sont : les céréales (blé et avoine surtout), les pommes de terre, les betteraves, les fourrages et les légumes.

     Quant à l’élevage du bétail, il n’a qu’une faible importance ; plusieurs cultivateurs nourrissent des vaches en vue de la production exclusive du lait pour la consommation des habitants de St-Cyr et la vente de Versailles.

 

Industrie et Commerce

     Aucune industrie à St Cyr : un grand nombre d’habitants sont employés à l’Ecole ou au chemin de fer ; c’est certainement l’Ecole militaire qui fait la prospérité de la commune.

     Seul, l’établissement de M. Berrurier représente l’industrie à St-Cyr. Il occupe 2 ouvriers et 10 ouvrières environ et fabrique divers objets en cuir : ceintures, bretelles, etc.

     En outre, un certain nombre d’habitants sont occupés à St-Cyr ou à Versailles dans la maçonnerie, la serrurerie, la menuiserie, etc.

     Le commerce n’est représenté que par les différents marchands vendant aux habitants les denrées ou objets de première nécessité.

     Les grandes maisons de Versailles et de Paris, mieux approvisionnées, apportent les marchandises à domicile et détournent à leur profit une bonne partie du commerce.

     La proximité de Versailles et la facilité des communications ont empêché l’établissement de foires ou de marchés à St-Cyr. Un marché a bien été créé et devait avoir lieu tous les jeudis, mais il n’a jamais eu d’importance et n’existe même plus.

II - Esquisse historique

     La légende donne pour origine à St-Cyr une colonie de chrétiens établie près du tombeau du jeune Cyr martyrisé sous Dioclétien.

     St-Cyr dépendant autrefois du diocèse de Chartres, des Parlement et Intendance de Paris, Election de Montfort-l'Amaury.

     L'antique Abbaye de Notre-Dame des Anges, dont l'origine remonte à une époque incertaine, fut sans doute comme le noyau de "St-Cyr au val de Gallie" qui pendant bien longtemps ne fut qu'un misérable village sans aucune importance.

     Suivant certaines traditions, l'origine de l'Abbaye remonterait au VIIe siècle, "au saint roi Dagobert" dirent les religieuses à Louis XIV quand elles refusèrent de lui vendre leur établissement. Mais on en attribue la fondation à Robert III, évêque de Charles, vers l'an 1156.

     En 1792, les congrégations religieuses furent dissoutes et l'Abbaye de N.D. des Anges avec ses dépendances fut vendue comme bien nationaux.

     L'acquéreur, nommé Bonneau, en tira profit en cultivant les terrains renfermés dans l'enclos et en démolissant les bâtiments pour revendre les matériaux.

     Les bâtiments claustraux, ainsi que la chapelle, intéressant édifice des XII et XIIIe siècles, furent détruits vers 1816. Il ne reste plus que la porte monumentale aux armes de France et datant du XVIIe siècle.

     L'Abbaye passa ensuite en diverses mains, entre autres, en 1856, dans celles de prêtres lazaristes qui essayèrent sans succès d'y fonder un Institut de leur ordre.

     En 1882, le département de Seine-et-Oise acheta la propriété 130 000 francs à M. Feuillastre de Versailles pour en faire l'Asile départemental de l'Enfance.

     Cet établissement reçoitgratuitement ou contre payement d'une petite pension, des enfants de 6 à 18 ans, infirmes, idiots ou moralement abandonnés. Une école de garçons et une école de filles sont annexées à l'établissement. Dans le vaste enclos de 10 hectares, les jeunes garçons sont exercés à la culture maraîcherère, aux infirmes, on apprend la profession de cordonnier ou de tailleur. Les filles se livrent aux soins de la cuisine, du blanchissage et de l'entretien du linge.

     Entre Versailles et St-Cyr existait autrefois un petit village nommé Choisy-aux-Boeufs. Mais quand Louis XIV entreprit la construction du Château de Versailles, il voulut lui adjoindre un parc d'une grandeur digne du palais. Aucun meunier de Saint-Souci ne s'opposa à ses plans et les habitants de Choisy furent obligés de quitter leur village et de se réfugier à St-Cyr dont la population fut doublée. Leurs maisons furent rasées et nul souvenir, si ce n'est le bassin de Choisy creusé vers l'emplacement du village, ne rappelle ce fait. Les registres de l'état civil furent déposés dans les archives de St-Cyr. 

    Au temps de Louis XIV, deux fiefs se partageaient le village: l'un appartenant à l'abbaye de N-D. des Anges, l'autre au marquis de Saint-Brisson. 

    Une religieuse ursuline, Mme de Brinon, avait établi à Montmorency une sorte de couvent de demoiselles nobles; il fut transféré à Rueil, puis à Noisy-le-Roi où Mme de Brinon gagna la faveur de Mme de Maintenon. 

    A cette époque, Mme de Maintenon, toute puissante auprès de Louis XIV, conçut le projet dont la réalisation est son véritable titre de gloire. Emue de la situation dans laquelle se trouvaient une foule de jeunes filles nobles, par suite des vides dans les familles et de la misère occasionnés par les guerres et le luxe obligé du temps, elle sut décider le roi à créer la célèbre maison d'éducation de St-Cyr ou Institut de Saint-Louis. 

    Le château de Noisy-le-Roi, devenu insuffisant, Louis XIV fit acheter pour 90 000 livres la terre du marquis de Saint-Brisson; les religieuses de l'Abbaye, pour ne pas vendre leur propriété, en avaient demandé un prix trop élevé: 500 000 livres. 

    Jules Hardouin Mansart commença le 1er mai 1685 la construction des bâtiments et un an après, le 1er mai 1686, Louis XIV inaugurait la maison d'éducation et y installaient 250 demoiselles, 40 dames professeurs et autant de soeurs converses. 

    Il avait fallu travailler jour et nuit et avec une armé d'ouvriers (2500 dit on) pour mener à bien un tel travail en si peu de temps. La dépense s'éleva à 1 400 000 livres (près de 30 millions de la monnaie de 1899).

    Il fallait justifier de quatre degrés de noblesse pour entrer à St-Cyr; les jeunes filles étaient admises de 7 à 12 ans et restaient jusqu'à 20 ans. Elles formaient quatre divisions que l'on distinguait par la couleur des rubans: rouges, verts, jaunes, bleus. 

    L'éducation n'avait pas à cette époque le caractère monacal qu'elle prit plus tard, en 1692, lorsque l'Institut de St-Louis fut confié à des religieuses de St-Augustin. Mme de Maintenon, en réglant l'éducation que l'on devait donner aux jeunes filles, avait pour but de faire de celles-ci d'aimables femmes du monde avec des qualités solides. 

    Les élèves donnaient des spectacles dans la maison: de médiocres comédies composées par Mme de Brinon, puis Cinna de Corneille et Andromaque de Racine. 

    A la demande de Mme de Maintenon, Racine composa Esther, adroite flatterie à l'adresse du roi et de Mme de Maintenon. La première représentation eut lieu à St Cyr le 26 janvier 1689 devant Louis XIV, Jacques II et toute la cour pour qui l'attrait du spectacle était augmenté de celui de pénétrer dans cette maison où nul homme, le roi excepté, n'avait le droit d'entrer. 

    Lully composa la musique de l'hymne de bienvenu qu'on chantait en l'honneur de Mme de Maintenon quand elle entrait dans la maison; cette musique devenue, dit-on , celle du "God save the Queen". 

    Athalie n'eut pas le même succès qu'Esther, à cette époque, on accusa Mme de Maintenon de fausser le goût de ses jeunes filles par ces sortes de divertissements. Aussi Athalie ne fut pas représentée à St-Cyr, mais comme la pièce avait été apprise, on joua à Versailles devant le roi, sans décors, ni costumes.

    C'est alors que la maison devint plus austère. 

    A la mort de Louis XIV, Mme de Maintenon se retira de St-Cyr qu'elle ne quitta plus. Elle y reçut le 11 juin 1717 la visite de Pierre le Grand que Saint-Simon raconte en ces termes :

"Il fut de Versailles à St-Cyr où il vit toute la maison et les demoiselles dans leurs classes. Il y fut reçu comme le roi, il voulut voir aussi Mme de Maintenon, qui, dans l'apparence de cette curiosité, s'était mise au lit, ses rideaux fermés, hors un qui ne l'était qu'à demi. Le czar entra dans sa chambre, alla ouvrir les rideaux des fenêtres en arrivant, puis tout de suite ceux du lit, regarda bien Mme de Maintenon tout à son aise, ne lui dit pas un mot, ni elle à lui, et, sans lui faire aucune sorte de révérence, s'en alla. Je sais qu'elle en avait été fort étonnée et encore plus mortifiée, mais le feu roi n'était plus. 

    Mme de Maintenon mourut le 15 avril 1719. Elle fut inhumée dans la chapelle, et son tombeau, élevé par M. de Noailles, fut détruit à la Révolution. 

    On sait que la Maison de la Légion d'honneur fondée par Napoléon Ier a pris pour modèle l'institution de Mme de Maintenon. 

    Le 16 avril 1792, les biens de la maison de St-Cyr furent déclarés biens nationaux. Le 19 août, quatre commissaires du comité de sûreté générale furent nommés pour faire évacuer la maison. Les élèves furent rendues à leurs familles et les religieuses reçurent une pension. Les registres particuliers d'inhumation furent clos par les officiers municipaux et déposés à la Mairie. 

    Le 17 messidor an VI, l'hôpital du Val-Libre (nom de St-Cyr à cette époque) devint un succursale des Invalides. 

    Le 28 novembre 1799, sur la proposition de Lucien Bonaparte, le premier Consul y établit une division du Prytannée français. St-Cyr resta collège jusqu'en 1805. 

     Un décret de Napoléon Ier, daté de Boulogne (31 août 1805), fit du collège une école préparatoire à l'école spéciale militaire. 

    Le 1er juin 1808, l'Ecole spéciale militaire fut transférée de Fontainebleau à St-Cyr, et le Prytannée fut transporté à La Flèche. 

    Les bâtiments de l'ancienne Maison royale de St-Louis sont restés intacts; ils ont reçu une notable augmentation sous le second empire, puis tout récemment (1894-1895). 

    L'édifice se composa de plusieurs grands corps de bâtiments enfermant des cours spacieuses dont l'une, la cour de Rivoli, est décorée de la statue de Marceau et une autre de la statue de Kléber. 

    Mais le vaste jardin a fait place au Champ-de-Mars; les armes royales n'ornent plus les frontons triangulaires; un aigle déplore ses ailes au-dessus de la porte principale qui donne accès à l'avenue Maintenon. 

    La chapelle, haute et claire, contient un cénotaphe de marbre noir avec cette inscription: 

                        Ci git Madame de Maintenon     1635-1719

    Ses ossements ont été en effet retrouvés en 1835 et enfermés dans un coffre derrière ce cénotaphe. 

    L'organisation de l'Ecole militaire est à peu près ce qu'elle était à l'origine. L'effectif a été augmenté, actuellement, il y a près de 1200 élèves. 

La Mairie

    La Mairie n'a rien qui la distingue des autres maisons; dans la salle du Conseil, on voit trois tableaux de Fontaine. 

    Les archives de St-Cyr contiennent les actes de baptêmes, mariages et inhumations depuis 1570. 

    La commune de St-Cyr a pris une importance de plus en plus grande dans ces dernières années. Malheureusement, ses ressources budgétaires ne lui permettent pas d'apporter immédiatement les améliorations qui pourtant lui seraient nécessaires (eau, écoles, etc.)

    Le développement de l'Ecole militaire a entrainé celui du pays, et nombreuses sont les maisons bâties depuis peu d'années. 

    En général, la population est peu aisée; certaines familles sont assez nombreuses. Le bureau de bienfaisance, dont le budget est trop peu élevé, vient en aide à quelques-unes. 

    L'instruction est en progrès. Les institutions de prévoyance ne se sont pas développées: cela tient à ce que l'Ecole militaire et la compagnie de l'Ouest fournissent le secours médical gratuit à leurs employés, et à ce que les mêmes employés jouissent d'une retraite qui met leurs vieux jours à l'abri du besoin. 

III - Instruction publique

Ecole des Garçons

    Un testament, daté du 17 septembre 1688 fait mention, comme témoin, d'un nommé Laurent Dabancourt, maître d'école à St-Cyr. 

    Mais il est probable que ce n'est qu'après l'organisation de l'enseignement primaire par la Convention qu'il y eut régulièrement un maître d'école à St-Cyr, cumulant les fonctions d'instituteur et de clerc laïque à l'église. 

    A cette époque, la situation n'est pas brillante: le 21 mai 1793, un sieur Bernier reçoit 25 livres pour un quartier de son traitement, soit 100 livres par an, le 30 nivose an II, le sieur Moreau reçoit 50 livres pour premier quartier. Le même, âgé de 60 ans, reçoit le 20 octobre 1793, 10 livres, 17 sous, 6 deniers en qualité d'indigent. 

    Il faut arriver à l'an XI pour trouver une indemnité de logement à l'instituteur Garnier, tenant l'école chez lui. Rien d'irrégulier comme cette indemnité qui, en 1810, est de 30 francs, puis 87 fr, 15 fr, 30 fr, 40 fr, 45 fr, jusqu'à ce qu'en 1821 on loge l'instituteur à la maison commune. On s'aperçoit même en 1816 que cette indemnité a été oubliée et l'on vote 100 francs. 

    En 1827, on règle la rétribution mensuelle, pour la diminuer parce que, dit la délibération du conseil municipal, l'instituteur abuse; on la porte à 1 fr 25 pour les enfants qui entrent à l'école, à 1 fr 75 pour ceux qui lisent et calculent. Les vicaires généraux de Versailles, qui ont la haute main sur l'école, approuvent.

    En 1835, le traitement est de 200 francs, l'indemnité de loyer 250 francs, la rétribution mensuelle 1 fr 75. Mais le Conseil remet à 1837 l'achat du mobilier indispensable. Le premier supplément (60 fr) date de 1844. La rétribution s'élève à 625 francs. 

    Le traitement est de 1068  fr en 1857, 2600 fr en 1882, 2000 fr en 1888, 1700 fr en 1889. 

    Depuis la loi du 19 juillet 1889 modifiée par la loi du 25 juillet 1893, les traitements fixes à la charge de l'Etat sont variables suivant la classe à laquelle appartient l'instituteur. La commune, outre l'indemnité de résidence (100 fr), vote un supplément annuel de 700 francs à l'instituteur. 

    La gratuité a été établie à St-Cyr en 1868. Les fonctions de l'instituteur à l'église paroissiale ont duré jusqu'au 1er janvier 1887. 

Instituteurs de St-Cyr

 Vers 1688        Laurent Dabancourt

         1793        Bernier

         1793        Moreau

         1803        Garnier

         1810        Vorselen

         ...             Lambert

1838-1858        Liénard

1858-1859        Lebrun

1859-22 mai 1874                              Mézières

22 mai 1874 - 25 avril 1882               Namont

25 avril 1882 - 24 décembre 1886    Rigault  

24 déc.1886 - 27 septembre 1888    Welsch

27 sept. 1888 - 27 septembre 1891  Burillon

27 sept. 1891 - 31 décembre 1892   Rêve

1er janvier 1893 -                               Lecocq

L'importance de l'école a suivi comme le pays une progression constante: 

    En 1842 le nombre des élèves était de 40

          1865                                                    80

          1893                                                    120

          1899                                                    160

Jusqu'en 1842, il n'y eut pas de local spécial affecté à l'école. Cette année là, on construisit la mairie actuelle et l'école fut la salle qui maintenant est la salle du Conseil. La commune, ayant des revenus insuffisants, sollicita une subvention pour cette construction et celles qui furent nécessitées plus tard pour l'agrandissement de l'école. 

    Mais cette unique salle devint insuffisante et il fallut construire une nouvelle école en 1882 dans le terrain faisant suite à la Mairie (la pièce St-Louis). En attendant, dans la petite cour de la mairie avait été édifiée une construction provisoire servant de 2ème classe. 

    Le nouveau bâtiment comprenant un rez-de-chaussée, long de 23 mètres et large de 7m50, très simple, était d'abord divisé en deux classes séparées par un vestibule formé de 2 cloisons. 

    Le nombre des élèves augmentant, on fit une 3ème classe en éloignant l'une de l'autre les deux cloisons (décembre 1888). 

    Aujourd'hui, ces trois classes sont devenues elles-mêmes insuffisantes et l'on va construire en bordure de la rue des Ecoles, perpendiculairement à l'école actuelle un nouveau bâtiment qui comprendra une 4ème classe, l'école des filles, et les logements de l'Instituteur et de l'Institutrice. 

    Le logement actuel de l'Instituteur, exigu et peu convenable, se trouve au dessus de la Mairie. 

    La cour de récréation, trop en pente, poussiéreuse en été et boueuse en hiver, est devenue trop petite comme les classes. Il faut regretter l'absence d'un préau pour abriter les enfants en cas de mauvais temps. 

    Les premiers crédits pour le mobilier datent comme on l'a vu de 1837; on trouve 31 francs en 1846 pour achat de cartes et de tableaux. 

    Depuis 1882, l'installation matérielle des classes est assez bonne; cependant dans la 2ème et la 3ème classes, il y a encore quelques-unes de ces anciennes et lourdes tables trop longues. 

    L'école possède les cartes, tableaux, nécessaires à l'enseignement ainsi qu'une bibliothèque pourvu de 246 volumes. 

    Les écoles communales de St-Cyr suivent l'organisation pédagogique de Seine et Oise, ainsi que l'emploi du temps, publiés en juillet 1894 et obligatoires depuis le 1er octobre 1894. 

    Les élèves sont actuellement répartis en 4 cours: 

3ème classe: Cours préparatoire et cours élémentaire (1ère année), 

2ème classe: Cours élémentaire (2ème année) et cours moyen (1ère année)

1ère classe: Cours moyen (2ème année), et cours supérieur. 

    La plupart des élèves qui arrivent en 1ère classe, quittent l'école après avoir obtenu leur certificat d'études primaires, plusieurs restent encore un an ou deux à l'école. Chaque année le nombre des élèves reçus est de 8 à 10. 

Cours d'adultes et conférences

    Les Cours d'adultes, depuis de nombreuses années, ont toujours été régulièrement faits à St-Cyr. Ils sont ouverts 3 mois chaque hiver. Une trentaine d'adultes sont inscrits, mais une vingtaine seulement sont assidus. Presque tous sont pourvus de certificat d'études et viennent pour compléter leur instruction. 

    Les conférences publiques attirent un assez grand nombre d'auditeurs, 120 à 150 environ. 

Ecole des Filles

    Avant 1882, il n'exixtait pas, à proprement parler, d'école communale de filles. 

    En 1821, une dame Bonneau, munie d'un brevet de capacité, est autorisée à ouvrir une école de filles, mais elle ne reçoit sur le budget, aucun traitement, aucune subvention. 

    En 1829, une demoiselle Bellemoy lui succède; elle ne reçoit rien de la commune; les parents oublient de la payer, et la concurrence des soeurs établies par une fondation dans l'Ecole militaire, la force à abandonner son école vers 1840.

    Le Conseil vote 100 francs en 1867, 200 francs en 1868 à une demoiselle Blimeau, puis à une dame Boudet, qui ont une pension tenant lieu d'école communale. 

    Vers 1870, les soeurs reçoivent une subvention de 200 francs. 

    Enfin, en 1882, une école communale de filles est créée à St-Cyr Dans un local que la commune loue 800 francs par an (logement compris) et qui a été approprié sans bien que mal à sa nouvelle destination. Au début, l'école comptait 5 élèves; quelques années après, elle en avait 35 à 40, et ce nombre s'est maintenu à peu près stationnaire jusqu'à ce jour. 

    L'école libre des soeurs, installée dans l'Ecole militaire, compte plus de 130 élèves. 

    Comme on l'a vu plus haut, il est question de construire une école de filles plus convenable, en même temps qu'on agrandira l'école des garçons. 

Institutrices de St-Cyr

13 mai 1882 - 31 mars 1887 : Mme Tremblay, née Boitelle

31 mars 1887 - 27 nov. 1888: Mme Féret 

27 nov. 1888 - 3 oct. 1898   :  Mme Bachot, née Tessereau

3 octb. 1898 - 30 sept.1899:  Mme Barthélemy

Ecole maternelle

    Jusqu'en 1846, l'Instituteur a dû recevoir les enfants au-dessous de 6 ans, d'abord sans rétribution, puis à raison de 1 fr 25 par mois, puis de 1 fr 50. 

    Le 16 août 1846, le ministre accorda une subvention de 200 francs pour la 1ère année du traitement de la Directrice d'asile, Mme Liénard, femme de l'Instituteur. 

    En 1847, l'asile reçut une subvention de 130 francs. Le oi donna 300 francs pour le mobilier. 

    200 francs votés par le Conseil et une rétribution mensuelle de 1 fr 50 formèrent le traitement de la Directrice jusqu'en 1857. A cette époque, le Conseil constata le mauvais vouloir des parents à acquitter cette rétribution et vota un traitement fixe de 700 francs. Depuis ce temps l'école maternelle est gratuite. 

    En 1888, ce traitement était de 1200 fr pour la Directrice et de 800 fr pour la sous-directrice. Actuellement en outre du traitement attaché à la classe, les suppléments sont: pour la première: 250 fr, et pour la seconde, 200 fr, non compris l'indemnité de résidence. 

    Le     préau a été construit en 1856 et l'Asile achevé en 1859; il a été agrandi d'une salle en 1882. 

    Le mobilier est très convenable, mais la cour est trop exiguë sur les 120 enfants qui fréquentent l'école maternelle. 

Directrices d'Ecole maternelle: 

1846 - 1857 Mme Liénard

1857 - 1898 Mme Lalondre Augustine (d'abord sous-direction; au total: 52 ans de services). 

Depuis le 1er octobre 1898: Mme Lalondre Adélaïde (nièce de la précédente, et d'abord sous-directrice.

Source: Les archives départementales des Yvelines, transcription de la monographie communale de Saint-Cyr l'Ecole écrite par l'Instituteur en 1899, cote : 1T/MONO 11 [3]

Années
Population
Total
1897
2576
4205
1892
2304
3461
1886
2327
3340
1881
1972
2727
1876
1927
1870
1724
1866
1392
1863
1279
1856
1160
1841
1118
1800
660