MONOGRAPHIE COMMUNALE DE FOURQUEUX

Du canton et à 3 kilomètres de Saint Germain-en-Laye, à mi-côte entre Saint Germain et la-Bretèche, le village de Fourqueux, à 15 kilomètres de Versailles, est desservi par le chemin de grande communication n°98 qui, venant du Pontel-Neauphle-le-Château, traverse la forêt de Marly, et, passé Fourqueux, aboutit à Saint-Germain.

En dehors des autobus qui desservent le village, le voyageur, qui veut prendre le chemin de fer a le choix entre la gare de Saint-Germain, la gare de Mareil-Marly sur la ligne de Grande-Ceinture, et la gare de Saint-Nom-la-Bretèche, où l’on se rend en traversant la belle forêt de Marly.

Le village de Fourqueux, en pays très accidenté, domine, du côté sud, le vallon de l’Etang-la-Ville.


 

M. Guégan a trouvé à Fourqueux des haches de pierre polie.

Ancienne désignation latine : Filcusae

Fourqueux était autrefois une terre seigneuriale avec haute, moyenne et basse justice.


 

Anciens seigneurs

La seigneurie de Fourqueux relevait du roi à cause de la châtellenie de Poissy. Toutes les femmes dans l’étendue de la terre de Fourqueux devaient en se mariant offrir au seigneur un plat de viande le jour des épousailles. Barthélémy de Fourqueux était l’un des familiers de Louis VI le Gros.

En 1111, Louis VI exempte Barthélémy de Fourqueux de tous droits de taille, chevauchée, exactions prévôtales pour le four qu’il possédait à Paris avec six boulangers et un fournier.

En 1124, Louis VI confirme à l’église de Saint-Germain en Laye une rente d’un muid de blé sur le moulin que les moines de Coulomb ont permis à Barthélémy de Fourqueux de construire au dessus de l’étang de Saint Germain.

Barthélémy de Fourqueux figure comme témoin à plusieurs chartes du roi Louis VI, de 1110 à 1126.

En 1138, Louis VII, rappelant la fondation Chaalis (canton de Nanteuil, arrondissement de Selis (Oise)) par son père Louis-le-Gros, confirme aux religieux la terre de Foi près de Béthisi (canton de Crépy-en-Valois, arrondissement de Senlis) à eux donnée par Louis-le-Gros qui l’avait acquise de Barthélémy de Fourqueux par voix d’échange.

En 1140, Louis VII accorde aux moines de Notre-Dame des Chamos les coutumes (originairement, droits établis par la coutume) obtenues de lui par Barthélémy de Fourqueux sur les hommes de Fourqueux et d’Anemont (de Fulcone et Anemonte) en ce qui concerne le coupage de bois dans la forêt de Cruye : « pro incisione nemoris de silva quoe Croa dicitus. » La forêt de Cruye, c’est l’actuelle forêt de Marly.

Anemont, c’est aujourd’hui Hennemont, écart de Saint-Germain, au nord de Fourqueux. Vers 1200, Barthélémi de Monthion et Robert son frère vendent au roi Philippe-Auguste le village de Hennemont pour 150 mares d’argent. En février 1536, François I confirme les dons, legs et privilèges octroyés par les rois Philippe le Long (Poissy, août 1317) et Louis XII (Saint-Germain en Laye, juillet 1514) à Notre-Dame d’Hennemont, prieuré relevant du prieuré de Sainte-Catherine du Val des Ecoliers à Paris. En 1789, à l’assemblée des trois ordres de la prévôté et vicomté de Paris, figure : Le Moine, curé de Marly et seigneur d’Ennemont.

En 1210, Philippe Auguste, en échange des droits de Raoul de Fourqueux (Fulcosium) et ses hommes avaient à exercer dans les bois de Cruie, donne audit Raoul et à ses héritiers ceint vingt arpents à prendre dans les mêmes bois.

L’abbaye de Joyenval avait inscrit à son nécrologue les seigneurs suivants :

Le seigneur Robert de Fourqueux, chevalier (Roberti de Fulcosa, militis), qui avait donné au monastère la cinquième partie de son bois de Cruie, mourut environ en 1242, et fut enterré dans le cloître, Robert de Fourqueux le Jeune, chevalier, dit de Giffe, avec Mathilde, sa femme, qui avait donné au monastère en 1247 leur clos de vigne de Glaisière (clausum vinearum suarum de Glisserüs), ledit Robert mort environ 1265, le seigneur Guillaume de Fourqueux (de Fulcosa), chevalier, et Jeanne, sa femme, morte vers 1289, et les dames Mabille et Pétronille, mortes vers 1280, mère et tante dudit Guillaume qu’avaient donné au monastère plusieurs sous de rente sur le cens de Fourqueux, à charge de célébrer leur service anniversaire.

L’église paroissiale de Fourqueux contenait la tombe d’une Marguerite femme d’un Guillaume de Fourqueux, de laquelle la figure est reproduite au recueil de Gaignières, I.II,30.

Au 14e siècle, un Charles Poupart, valet de chambre du roi, est seigneur de Fourqueux.

Au 15e et 16e siècles, les Montmirel ou Montmirail, Robert de Montmirel, clerc du roi en sa chambre des comptes. Louis de Montmirel, conseiller du roi, général sur le fait des aides. Etienne et Jean de Montmirel.

En 1554, Jean Gabarit, procureur de la seigneurie de Fourqueux, mandataire de Melle Louise de Velve veuve d’Etienne de Montmirel, seigneur de Fourqueux, fait faire du moulin à vent de Fourqueux à Mahé Levillain, meunier à Poissy, 22 livres par 48.

En 1580, à l’assemblée des trois ordres de la prévôté et vicomté de Paris pour la réformation de la coutume, figure Renée de Montmirail dame de Fourqueux en partie.

Entre 1532 et 1536, François I accorde des lettres d’affranchissement aux habitant de Mareil-Marly et de Fourqueux.

Un arrêt du Conseil d’Etat du 21 février 1602 autorise les créanciers de feu le sieur d’O, surintendant dont des finances,- dont la notice sur Ecquevilly rapporte la vie fastueuse, - à faire une coupe dans les bois de Fourqueux compris dans la succession du défunt.


 

Seguier


 

Au 17e siècle, on trouve Antoine Seguier seigneur de Villiers et de Fourqueux.

Né à Paris en 1552, il était le cinquième des seize enfants du président Pierre Seguier seigneur de Borel, de l’Etang-la-Ville, de Saint-Brisson et d’Autry, et de Louise Boudet.

En 1576, surintendant de justice en Provence pour y tempérer les rigueurs exercées par le parlement contre les calvinistes, il fut à son retour nommé conseiller d’Etat. Quelque temps après, il retourna en Provence chargé d’aider de ses conseillers le gouverneur duc d’Epernon, et se fit remarquer en restant à Aix décimée par la peste pendant que Epernon et le parlement avaient quitté leur poste en toute hâte.

Successivement conseiller au parlement de Paris 1577, maître des requêtes de l’Hôtel, avocat général audit parlement 23 octobre 1587, président à mortier 1587, il fut en 1598 ambassadeur de Henri IV près de la République de Venise qu’il réussit à détourner de donner son appui au duc de Savoie ;

En 1607, il présida la chambre créée pour poursuivre les traitants qui s’étaient enrichis aux dépens de l’Etat.

Il mourut à Paris en novembre 1624 sans enfant et fut inhumé en l’église Saint-André des Ares.

Fourqueux passa à son neveu, le célèbre chancelier Pierre Seguier, né à Paris 1588, mort à Saint-Germain en Laye 1672, personnage dont l’action politique fut considérable et dont la vie est partiellement racontée en la notice Mantes.


 

Les Bouvard de Fourqueux


 

Aux 17e et 18e siècles, on trouve les Bouvard de Fourqueux.

En 1649, dans la liste des maisons des environs de Paris sur lesquelles une taxe est établie pour l’entretien des troupes que les rebelles de la Fronde forcent à maintenir autour de la capitale, « la terre de Fourqueux appartenant au sieur Bouvard ci-devant conseiller à la cour. » est comprise pour 3000 l.

Charles Michel Bouvard de Fourqueux, marié à Marie Françoise Rouillé du Coudray, procureur général de la chambre de justice instituée en mars 1716 contre les traitants, munitionnaires et usuriers. On raconte qu’après avoir sévèrement requis contre un riche concussionnaire et obtenu la confiscation de son mobilier, il s’adjugea, parmi ce mobilier, de magnifiques seaux d’argent, ce qui le fit surnommer « le garde des seaux. » M. Narbonne, commissaire de police de Versailles, écrit dans son Journal : « M. de Fourqueux, procureur général de la chambre des comptes, et qui le fut aussi de la chambre de justice, était pauvre avant d’y être attaché ; mais il s’est enrichi considérablement pendant qu’il y faisait bon. Il y aurait des choses à dire sur tout cela, que mon scrupule à ne choquer personne m’empêche de dire. La plupart de ceux qui sont dans des places éminentes sont plus occupés de leurs fortunes, qu’ils dissipent souvent dans leurs plaisirs, que de travailler utilement pour le bien du roi et de l’Etat. »

Charles Michel Bouvard de Fourqueux, sans doute fils du précédent, ami de Turgot (Chamfort, portraits et anecdotes, CXLIV), devint contrôleur général des finances le 9 avril 1787, sur le renvoi de Calonne : « le parti de la reine, écrit Henri Martin, poussa provisoirement au contrôle général un vieux conseiller d’Etat sans conséquence, M. de Fourqueux. » Il s’agissait, pour le parti de la reine, d’éviter le rappel de Necker. Fourqueux non seulement était âgé et infirme mais « jamais perruque du conseil d’Etat n’avait couvert une plus pauvre tête, »suivant un mot de Mme de Staël que je trouve rapporté dans l’imposant ouvrage de M. Aimé Chérest, la Chute de l’ancien régime. Toutefois, Mme de Staël en voulait sans doute à Fourqueux d’occuper une place ambitionnée par son père. Étonné lui-même de son élévation, Fourqueux se défendit un moment d’accepter, puis céda. Il découvrit et fit connaître au roi la perte des assignations sur les domaines que le contrôleur général Calonne avait livrées pour ses opérations de bourse sans y être autorisé. Le roi, irrité de cette infidélité, exhiba Calonne en sa terre de Lorraine.

Le 1er mai 1787, devant l’aggravation rapide de la crise financière, Loménie de Brienne, archevêque de Toulouse, fut nommé chef du conseil des finances, et il fut entendu que Laurent de Villedeuil, nommé contrôleur général à la place de Fourqueux démissionnaire, ne serait que son premier commis. Bouvard de Fourqueux fut admis au conseil d’Etat, sans département, et reprit la place de chef du comité du contentieux des finances qu’il avait avant son court ministère.

Il mourut en février 1789. Le passage des Mémoires de Saint-Priest où ce… apprécia son collègue au conseil d’Etat est curieux (I,215). Il avait épousé le 16 décembre 1740 Marie Louise Auget de Monthion, sœur du philanthrope, laquelle, veuve, renonça à la communauté. Il en avait eu un fils, Michel Bouvard de Fourqueux et deux filles.

En 1779, Michel Bouvard de Fourqueux, conseiller d’Etat, seigneur de Fourqueux, de Bouret et de Feuillancourt, fait bail à cens et rente de plusieurs bois taillis, à condition de les défricher, aux habitants de Fourqueux, qui s’engagent en outre à payer au curé la dîme sur les terres ainsi défrichées.


 

A l’assemblée des notables qui se réunit à Versailles le 22 février 1787 figure Michel Bouvard de Fourqueux, chevalier, conseiller d’Etat ordinaire au conseil des dépêches et au conseil royal du commerce.

Des deux filles de l’ancien contrôleur général : l’une, Anne Marie Rosalie Bouvard de Fourqueux, épousa en 1761 Jean Charles Philibert de Erudaine, intendant des finances et mourut en septembre 1776 ; l’autre Adélaïde Agnès Elisabeth Bouvard de Fourqueux, née 1745, épousa en 1769 Etienne Maynon d’Invault contrôleur général. Le musée Condé, à Chantilly, conserve, de Carmontel, un portrait de jeune fille, Annette de Fourqueux, représentée sur la place de l’église d’un village.

De 1789 à 1790, le sieur Dauphin, bourgeois de Paris, ancien secrétaire particulier de M. de Fourqueux, et Philippe Julien, ancien jardinier et concierge du château de Fourqueux, poursuivent devant le Châtelet et devant le parlement, Trudaine de la Sablière et autres héritiers de M. de Fourqueux, en délivrance de legs particuliers.

Les Trudaine étaient alliés aux la Sablière comme suit :

La célèbre madame de la Sablière, née Marguerite Hessein, avaient épousé en 1654 Antoine Rambouillet sieur de la Sablière, fils du financier Nicolas Rambouillet sieur du Plessis, et de ce mariage naquirent trois enfants, 1° Nicolas sieur du Plessis et de Lancey, né 1656, lequel s’enfuit de France lors de la révocation de l’édit de Nantes ; sa fille, Renée Madeleine Rambouillet de la Sablière, épousa, février 1701, Charles Trudaine, prévôt des marchands (qui eut d’elle : a) Daniel Charles Trudaine, maître des requêtes et intendant d’Auvergne 1730, intendant des finances 1734, directeur des Ponts et Chaussées, membre honoraire de l’Académie des Sciences, mort janvier 1769. b) Trudaire de Lauzière maréchal de camp, mort en 1736. c) La marquise de Ponceaux morte en 1729. d) La marquise de la Tour-Maubouy morte 1734..) ; 2° Anne, mariée en 1672 à Jacques Muisson ; 3° Marguerite, qui épousa 1678 Guillaume Scot marquis de la Mésangère, conseiller au parlement de Rouen.

Jean Charles Philibert de Trudaine seigneur de Montigny (Montigny est actuellement une commune du département de Seine et Marne. Le château n’existe plus ; le domaine a été loti.), qui veuf d’une fille du maître des requêtes Antoine Gagne de Périgny, épousa en seconde noces en 1761, Anne Marie Rosalie Bouvard de Fourqueux, était petit-fils du prévôt des marchands, Charles Trudaine. Né en 1733, intendant général des finances, ce fut un économiste distingué, un érudit et un lettré, ami de Voltaire. Les Mémoires Secrets le représentent comme fort épris de madame Le Blanc de Guillot femme du littérateur auteur des tragédies de Mango-Capac et des Druides. Il mourut le 5 août 1777, un an après sa femme, frappé d’apoplexie, sur un chemin de fer desservant le château de Montigny. Il laissait deux fils :

1° Charles Louis Trudaine, seigneur de Montigny né septembre 1764 ;

2° Charles Michel Trudaine, seigneur de la Sablière (la Sablière, à Saint-Germain-le-Gaillard, s’appelait le Plessis-Cheville avant que Nicolas Rambouillet lui eut donné le nom de la Sablière.) né mai 1766.

Ces deux frères Trudaine, par l’entremise de leur grand-père Fourqueux, furent pourvus d’une charge d’avocat du roi au Châtelet, le premier en 1782, le second en 1783, puis furent nommés conseillers au Parlement, 1785, 1786. Ils se rallièrent à la Révolution, malgré quoi ils furent emprisonnés avec leur ami André Chénier, et guillotinés, âgés de 29 et 28 ans, le 8 thermidor an II (26 juillet 1794.). Leurs biens, Montigny-Leucoup et la Sablière, estimés 2 888 700 livres, furent dévolus moitié à la ligne paternelle, moitié à la ligne maternelle. Un huitième de la part dévolue à la ligne paternelle échut, - je n’ai pas trouvé en vertu de quelle parenté, - à Maximilienne Augustine Henriette de Béthune-Sully veuve d’Armand Louis François Edme de Béthune Charost que la révolution décapita avril 1794, ainsi qu’il est rapporté en la notice sur les Béthune (Mantes). – Moitié de la part dévolue à la ligne maternelle échut à Adélaïde Agnès Bouvard de Fourqueux femme d’Etienne Magnon d’Invau, tante maternelle des défunts, laquelle entra en possession de Montigny-Leucoup, dont hérita en 1811 Elisabeth Françoise Bouvard de Fourqueux femme du comté Le Cornu de Ballivière ; cette dernière passait pour une fille naturelle de M. de la Sablière ; elle vendit Montigny.

Dans une lettre du 3 janvier 1817, Charles de Rémusat écrivait à sa mère : « Lisez les Confessions d’une femme, de Madame de Fourqueux : c’est le livre qu’on trouve en ce moment sur toutes les cheminées. » (Je n’ai trouvé aucun renseignement sur Madame de Fourqueux romancière. Je ne la trouve pas citée dans la Correspondance littéraire de Grimm (et autres), qui va jusqu’à la Révolution. Le catalogue de la Bibliothèque Nationale inscrit, au nom de Madame de Fourqueux, trois romans : Zélie ou la difficulté d’être heureux, roman indien, 1775. – Julie de Saint-Almont ou les première illusions de l’amour, 300l . 1805, - Amélie de Tréville ou le Solitaire, 300l. 1806. Les Confessions d’une femme n’y figurent pas.

Fourqueux et la machine de Marly

Bachaumont, dans ses Mémoires, à la date du 3 mars 1778, parle de Mme de Fourqueux, sans doute la femme du contrôleur général, « une virtuose présidant un bureau de bel esprit… »

En cette année 1778, madame d’Houdetot étant à Fourqueux, le bruit qu’y faisait entendre la machine de Marly, - la machine de Marly était encore celle qu’avait fait construire Louis XIV, laquelle produisait un bruit infernal, - ce vacarme inspira à Mme d’Houdetot les vers suivants, car la tendre amie de Saint-Lambert communiait avec lui en poésie :

Ces efforts redoublés et ces gémissements,

Cet appareil de fer et ces grands-mouvements,

Offrent partout aux sens la nature offensée ;

Elle semble gémir d’avoir été forcée,

Et, cédant à regret aux entraves de l’art,

Aux caprices des rois se plaint d’avoir en part.

Ah ! que j’aime bien la modeste fontaine

Qui , dans ces prés fleuris, s’enfuit au pied d’un chêne,

Et qui, formant le cours d’un paisible ruisseau,

Arrose des gazons aussi frais que son eau.


 

La machine de Marly construite de 1675 à 1682, alors que la science hydraulique était encore dans son enfance, était usée à l’époque de Madame d’Houdetit, et n’envoyait plus à Versailles qu’une quantité d’eau bien réduite. Le cahier de doléances du bailliage de Versailles en 1789 en demanda la réparation ou la reconstruction. Une première réfection eut lieu en 1804. La machine actuelle date de 1859.

La machine de Marly est sur le territoire de Louveciennes.


 

Impositions extraordinaires sous la guerre de Cent-Ans


 

Par mandement adressé le 18 août 1365 aux élus sur le fait des aides pour le fait de la guerre en la ville et diocèse de Paris, Charles V ordonne que les habitants de Fourqueux, dépendant du diocèse de Chartres, ne soient pas contraints à payer l’aide ordonnée sur le fait du vin, qu’on leur réclamait parce que Fourqueux avait été baillé à ferme avec la ville de Mareil quand on bailla à ferme les villes du diocèse de Paris.

Le 9 novembre 1366, le roi Charles V mande à Robert de Maule, receveur des aides ordonnées être levées sur chaque feu à sept lieues à l’entour de Mantes pour la réparation du fort de cette ville, qu’il a déchargé de cette imposition les habitants de Saint-Germain en Laye, Mareil-sou-Marly, Fourque (Fourqueux) et Saint-Léger-en-Laye, lesquels avaient leur refuge au château de Saint-Germain et non à celui de Mantes.

 

1789

Lors de la convocation des Etats Généraux en 1789, les habitants de Fourqueux rédigèrent un cahier de quinze articles reflétant les doléances générales du tiers état de cette époque.

L’article 5 demande « que l’on emploie les moyens les plus prompts pour donner des secours aux pauvres cultivateurs de la campagnes qui sont surchargés d’impositions depuis longtemps et notamment à ceux qui ont éprouvé les accidents les plus fâcheux des orages et de la grêle, arrivés dans le courant de l’année dernière et qui ont perdu toute leur récolte qui était le prix de leurs travaux les plus pénibles ; qui sont encore affligés que leurs vignes soient gelées des fortes gelées de l’hiver dernier ; et notamment la paroisse de Fourqueux, dont le territoire est gâté et qui n’a aucune espérance de récolte, n’ayant aucune autre ressource que la vigne, est dans le cas le plus pressant qu’on lui donne des secours. »

Comme pour les autres paroisses avoisinant la forêt, l’article 9 demande «  que les maîtrises et capitaineries soient supprimées comme dévorant par avance l’espérance du pauvre cultivateur… »

Le cahier se termine : « Fait au banc de l’œuvre dans l’église paroissiale de Fourqueux, le mardi de Pâques, issue des vêpres, 14 avril 1789, et ont signé… » suivent vingt quatre signatures, dont cinq du même nom patronymique : Beauvais.

Les deux habitants députés par la paroisse pour porter ce cahier à l’assemblée préliminaire du tiers-état de la prévôté et vicomté de Paris hors les Murs, qui se tint à l’archevêché le 18 avril 1789, furent : Hébert et Clairembourg ou Clerancourt.


 

Laval, curé de Fourqueux

Dans l’ordre du clergé, à l’assemblée de la prévôté et vicomté de Paris hors les Murs, on trouve : M. Laval, curé de Fourqueux.

M. Laval prêta serment à la constitution civile du clergé le 23 janvier 1791, puis fut choisi comme vicaire épiscopal par l’évêque du diocèse de Versailles, diocèse naturellement créé par les lois sur la constitution civile du clergé, diocèse correspondant au département de Seine-et-Oise.

 

Troubles religieux en 1793 du Castelier, curé de Fourqueux


 

Lorsque M.Laval, curé de Fourqueux, eut été appelé à Versailles par l’évêque constitutionnel, il fut remplacé par M. de Castelier, d’abord comme vicaire desservant, puis comme curé élu.

M. du Castelier, ex-génovéfain, avait occupé le prieuré d’Hennemont et le prieuré-cure de Saint-Léger-en-Laye, de 1776 à l’année 1781 où il avait été disgracié par l’autorité ecclésiastique à cause de factums qu’il publiait favorables aux idées nouvelles.

Occupant la cure de Fourqueux, il s’obstina, bien que patriote, à célébrer le culte lorsque celui-ci eut été proscrit. Le mercredi 25 décembre 1793, il célébra à Fourqueux les fêtes de Noël, et les fidèles s’y pressèrent d’autant plus nombreux qu’y vinrent ceux de toutes les paroisses voisines où l’exercice du culte était supprimé.

Le comité de surveillance de Montagne du Bon-Air, ému de ce fait, envoya deux de ses membres avec deux gendarmes pour arrêter le curé et faire une perquisition dans le presbytère situé au chevet de l’église. A l’arrivée de ces derniers, des habitants sonnent le toisin : devant l’émeute menaçante, les représentants de l’autorité se retirent après avoir simplement opposé les scellés au presbytère, laissant le curé en liberté. Le 27 décembre, le curé, averti qu’une expédition est en route pour l’arrêter, s’esquive.

Les commissaires du district arrivent avec vingt gendarmes à cheval de Meulan, 80 gardes nationaux de Montagne du Bon Air, et 40 soldats de l’artillerie révolutionnaire avec une pièce de canon. Le village est investi. Au presbytère, chou blanc. On y saisit néanmoins beaucoup de paperasses et « différents signes de féodalité. » On procède au désarmement des habitants qui remettent sans résistance : 19 fusils, 22 sabres, couteaux de chasse et épées, 36 piques, 17 pistolets, une hache, deux baïonnettes emmanchées d’une pique à laquelle était adapté le fanion de la compagnie. Les cloches, avec lesquelles le toisin a été sonné le 25 décembre, sont descendues et brisées, leurs débris et tous les objets saisis sont transportés au district. Une douzaine d’habitants sont emmenés et écroués à la geôle du chef-lieu.

Le 12 nivôse an II, 1er janvier 1794, Charles Delacroix et Musset, représentants en mission dans le département de Seine et Oise, adressaient de Versailles au comité de Salut Public une lettre dans laquelle ils disaient : « … Il nous a paru que l’agonie même du fanatisme et de la superstition exigeait quelques ménagements. Nous avons déployé, lorsqu’il a fallu, un grand appareil de force, pour n’être point obligé d’en user, beaucoup de sévérité contre les chefs de cabale, de l’indulgence pour les hommes trompés. C’est ainsi que nous avons étouffé quelques étincelles qui eussent pu produire un grand incendie. C’est ainsi que les troubles religieux d’Epône, de Fourqueux, d’Arpajon, de Savigny, ont été apaisés. »

Le curé, réfugié à Paris, fut arrêté le 6 janvier à la suite d’une imprudence.

Le 19 janvier, le comité de surveillance de Saint-Germain, obtint la relaxe des prévenus de Fourqueux, toute la rigueur devant être réservée au curé, prévenu de manœuvres contre-révolutionnaires.

Le 25 prairial an II, 13 juin 1794, comparut devant le tribunal révolutionnaire Louis Adrien Ducastellier âgé de 49 ans, natif de Lisieux (Calvados), curé de Fourqueux, sous l’inculpation de s’être demis de ses fonctions officielles pour célébrer les cérémonies du culte catholique. Il déclare que la lettre par lui écrite à la Convention le 23 brumaire (13 novembre 1793) a été mal comprise, qu’il n’a jamais cessé ses fonctions ; qu’il est vrai que quelques communes environnant Fourqueux sont venues, de leur propre mouvement, participer en l’église de Fourqueux et notamment le jour qu’on appelle Noël ; mais cela n’avait fait nulle scission, sinon de la part de la commune de Saint-Germain qui ne l’avait pas vu de bon œil ; s’il s’est soustrait au mandat d’arrêt, c’était en vue de venir se justifier. – Il est condamné à mort (Wallon, Histoire du tribunal révolutionnaire, I. IV.)


 

L’église


 

L’église, sous le vocable de Sainte-Croix, est des 13e et 16e siècles. Ses côtés ouest et sud sont sur la limite du parc du château de M. Marret. Elle n’est pas grande et est composée d’une nef et de deux bas côtés. Elle a été dotée au 18e siècle d’un clocher carré et bas, coifféd’une pyramide octogonal en pierre. Aucun escalier ne donne accès à ce clocher, construit au dessus du milieu de la nef. Une fresque émouvante en mémoire des morts de la grande guerre, due au peintre Marret, couvre une partie du mur du fond de l’église. Au fond de l’église, une statue vulgaire du Christ pliant sous le poids de la croix, en grandeur naturelle, rappellle l’invocation sous laquelle est placée l’église.

Sainte-Croix : Fête patronale : Invention de la Sainte-Croix. On appelle invention de la Sainte-Croix la découverte de la vraie croix lors des fouilles que Sainte-Hélène, mère de l’empereur Constantin, fit exécuter sur le mont du Calvaire en 326. La croix de Jésus-Christ était, parait-il, en bois d’olivier, bois dur, compact et lourd. La conservation de la croix dans la terre pendant près de trois siècles permettrait d’attribuer une qualité exceptionnelle au bois dont elle était faite. Sur l’emplacement où la croix fut trouvée, qui était le lieu du crucifiement et de la sépulture de Jésus-Christ, Sainte-Hélène fit construire l’église du Saint-Sépulcre, où fut conservé un morceau de cette croix. Des parcelles du surplus de la croix furent répandues dans l’univers. Le pape Justin II en donna un morceau à Radegonde qui le confia à l’autel du monastère par elle fondé à Poitiers, et ce monastère prit le nom de couvent de la Sainte-Croix. A cette occasion, le poète Fortunat, évêque de Poitiers, ami de Radegonde, composa une belle hymne que l’église chante encore : Vexilla regis prodeunt.

La fête de l’invention de la Sainte-Croix se célèbre le 3 mai. – Le 3 mai 1429, Jeanne d’Arc, à Orléans, prenait part à la procession en l’honneur de l’Invention de la Sainte-Croix , sous l’invocation de laquelle est placée la cathédrale d’Orléans ; le lendemain, elle prenait l’une des bastilles des Anglais. – Le 3 mai avait lieu autrefois un pèlerinage très couru à l’ancien et célèbre calvaire du Mont-Valérien.


 

Maigremont : Le pouillé général des abbayes de France de 1626 énumère parmi les bénéfices de l’abbaye de Coulomb, dans l’archidiaconé du Pincerais, l’église de Maigremont annexée à Sainte-Croix de Fourqueux. Maigremont ne peut être qu’Aigremont.


 

Cimetière : Le cimetière qui se trouvait autrefois près de l’église a été reporté en haut du village, sur la route de Saint Nom-la-Bretèche. A l’entrée de ce cimetière, la commune a fait ériger un monument simple, en forme de pyramide, « aux héros de la grande guerre. » y sont inscrits les noms de dix huit victimes de la guerre 1914-1918, d’une victime des guerres coloniales (1881), et de deux victimes de la guerre de 1870.


 

Châteaux


 

Le château de Fourqueux a été construit de 1807 à 1820 sur l’mplacement d’un château du 17e siècle dont les poètes Chenier et Lebrun avaient été les hôtes. Sa façade opposée au village, jouit d’une belle vue sur la vallée de la Seine. Son parc, très grand, s’étend au sud, jusqu’à la forêt de Marly. En 1815 d’après Oudiette, le propriétaire est M. le comte de (Balivère ?).

Pendant l’été 1836, la famille Victor Hugo loua ce château pour y passer la belle saison. Léopoldine Hugo, alors « Didine », fille du poète, y fit sa première communion ; cette Léopoldine devait en 1843 périr tragiquement à Villequier, sept mois après son mariage avec Charles Vaquerie.

Le château appartient actuellement à M. Henri Marret, artiste peintre, Croix-de-Guerre, fils et petits-fils des précédents châtelains.

Au moulin à vent, d’où l’on jouit d’un panorama admirable, la comtesse de Béarn a fait construire un chalet entouré de magnifiques jardins.

Au nord de Fourqueux : ferme du Désert ou des Hézards.

Au sud : maison forestière de la poste de Fourqueux, non loin de la fontaine Frédéric et près d’un cèdre.


Vignes : Fourqueux ne possède plus le vignoble qui faisait écrire par Joanne dans son Guide de 1863 : «  Les bosquets de Montaigu, les vignes de Fourqueux, de Mareil et de la Vallée de l’Etang, sont aimés des perdreaux et des grives. » En 1742, la récolte fut exceptionnellement bonne. Le sieur Lazurier, à Fourqueux, vendit cent muids de vin pour cent louis d’or. (Journal de Pierre Narbonne.)


 

Culture : fraisiers, 10 hectares ; - choux fleurs, 20 hectares ; - pommes de terre, 23 hectares. – Importants vergers.


 

Golf : Le Golf-club de Marly et Fourqueux, fondé en 1924 et présidé par M. Léon Visinet, occupe l’ancien domaine de Fourqueux, 75 hectares clos de murs.


 

Eau et lumière : En 1935, fusion de la Compagnie Nouvelle d’Eclairage, Chauffage et Force Motrice de la ville de Saint-Germain en Laye et extensions (Fourqueux, etc avec la Société Lyonnaise des Eaux et de l’Eclairage).


 

Forêt de Marly


 

L’ancienne forêt de Cruye a pris le nom de forêt de Marly depuis la construction du château de Marly par Louis XIV vers 1670.

Du bas de Fourqueux, un chemin, qui forme la limite entre la commune de Fourqueux et celle de Mareil-Marly, mène, en un kilomètre, à la porte de la forêt de Marly dite porte de Mareil, d’où l’on jouit d’une vue remarquable.

Le chemin de grande communication de Saint-Germain-Port-Marly au Pontel, longe, au sortir, du village de Fourqueux, pendant environ 500 mètres, le mur du parc du château, et entre alors dans la forêt de Marly par la porte dite porte de Fourqueux, près du cèdre déjà mentionné.

La forêt de Marly est entourée de murs, et donne le nom de portes aux ouvertures par lesquelles les routes pénètrent dans la forêt. Il y avait sans doute autrefois de vraies portes, lesquelles généralement n’existent plus, mais il y a généralement la maison d’un garde forestier. C’est le cas de la porte de Fourqueux.

Dans la forêt, sur environ un kilomètre de son parcours, ledit chemin forme la séparation entre les communes de Fourqueux et de l’Etang-la-Ville. Depuis le bus de Saint-Germain-en-Laye, ce chemin monte d’une façon continue jusqu’à la place Royale, carrefour forestier situé à l’altitude de 170 mètres, 500 mètres avant d’arriver à la Bretèche.

Non loin de la place Royale est la petite gare dite de Saint-Nom la Bretèche, aboutissement sur le chemin de fer de grande ceinture de la ligne de chemin de fer électrique venant de la gare Saint-Lazare. La gare de Saint-Nom la Bretèche, en pleine forêt, est sur le territoire de la commune de l’Etang-la-Ville.

 

Hubbard


 

A Fourqueux est né en 1828 Hubbard (Nicolas Gustave), économiste et publiciste, auteur d’une Histoire contemporaine de l’Espagne en quatre volumes (1879-1883), d’un drame historique en cinq actes, Vincent Richard, 1887. Il est mort à Paris en février 1888. – Réfugié en Espagne de 1851 à 1868 à la suite du Coup d’Etat, il y eut un fils, Gustave Adolphe Hubbard, qui fut député radical de Seine-et-Oise de 1885 à 1898.


 

Population de Fourqueux :

En 1866… 366 habitants

En 1926… 490 habitants

En 1931… 653 habitants

En 1936… 672 habitants


 

Source : archives départementales des Yvelines, Transcription Mathieu Thédié,

Cote : J 3211/7 [12]