MONOGRAPHIE COMMUNALE DE FLINS-NEUVE-EGLISE

 

I - Partie géographique

          Situation, Communes limitrophes, Population étendue en hectare de la superficie territoriale, Altitude, Nature du sol, Climat, Relief, Hydrographie, Voies de communication (routes, chemins vicinaux, chemins de fer). Particularité de la flore et la faune.     

          Flins-Neuve-Eglise est situé au nord-ouest du département de Seine-et-Oise. Les communes limitrophes sont : au nord, Longues, à l’est, Dammartin, au sud, Tilly ; à l’ouest, Mondreville qui sépare son territoire du département d’Eure-et-Loir.

          Flins-Neuve-Eglise est à 13 kilomètres de Houdan, son chef-lieu de canton, à 16 kilomètres de Mantes et à 47 kilomètres de Versailles.

          Le dénombrement de 1896 avait donné une population de 117 habitants, il y avait cette année 22 enfants assistés placés dans les familles par l’Assistance publique de Seine-et-Oise. Cette population comprenait 35 ménages et était logée dans 30 maisons.

          Le territoire de Flins-Neuve-Eglise n’a que 123 hectares ; son sol, argileux, produit en abondance du blé, de l’avoine et des plantes fourragères. La récolte moyenne avant l’emploi des engrais chimiques n’était que de 20 hectolitres de blé à l’hectare dans les bonnes années ; la récolte de 1899, sans être aussi abondante que celle de 1898, sera d’environ 30 hectolitres.

          L’emploi des engrais peut donc procurer un supplément de récolte de 10 hectolitres par hectare ; si ce blé est vendu à un prix moyen de 15f l’hectolitre, c’est donc un rendement supplémentaire de 150f. Les cultivateurs comptent 50f par hectare de dépense supplémentaire occasionnée par l’emploi des engrais chimiques ajoutés au fumier de ferme, ces 50 francs donnent donc un bénéfice net de 100 francs.

          Les cultivateurs de Flins-Neuve-Eglise, comme tous ceux de la région, ont bien reconnu la nécessité d’employer les engrais chimiques qui permettent de récolter beaucoup et de pouvoir vendre bon marché sans nuire aux intérêts de l’agriculture ; ils ont formé un Syndicat dont le siège est à Mantes ; ils peuvent ainsi avoir leurs engrais dans de bonnes conditions de prix et de qualité.

          Flins-Neuve-Eglise est situé à 130 mètres d’altitude ; le territoire est très peu accidenté. Aucun cours d’eau ne l’arrose. Quelques puits et mares alimentent le pays. Il est à remarquer que dans la partie sud, on trouve l’eau à une profondeur de 3 à 4 mètres, tandis que dans la partie nord on doit creuser jusqu’à 20 et même 35 mètres de profondeur.

          Les années de sécheresse sont un fléau pour le pays, les habitants sont obligés d’aller à Boissels, à 3 kilomètres de là, puiser à la source de la Vaucouleurs l’eau qui servira aux besoins du ménage et à l’alimentation du bétail.

          Le territoire de Flins-Neuve-Eglise est traversé par le chemin de grande communication, n°115 (1010m) de Longues à Nogent-le-Roi ; par le chemin de grande communication n°170 (714m) de Tilly à Vert, par le chemin vicinal ordinaire n°2 (400m) dans le village, et par le chemin vicinal ordinaire n°3 (607m) de Flins au Moulin-à-Vent (Commune de Tilly).

          Pour subvenir aux dépenses nécessaires à l’entretien de ses chemins, la commune s’est imposée pour 1900, de :

 

3 journées de prestations 391f

5 centimes spéciaux ordinaires 38f

Salaire du cantonnier 100f

3 centimes spéciaux extraordinaires 23f

Remboursement d’emprunt 40f

                                      Total… 592f

La part de la commune dans les dépenses des Chemins de grande communication sera de 198f.

          Les prestations se font toujours en nature, les contribuables ramassent dans les champs les pierres qui serviront à l’entretien de leurs chemins et qui leur sont payées à raison de 2 f 25 leur mètre cube.

          Flins-Neuve-Eglise se trouve entre deux lignes de chemin de fer du réseau de l’Ouest ; les stations desservant la commune sont : Houdan, sur la ligne de Granville pour les voyageurs ou denrées se dirigeant sur Dreux ; Tacoignières, (à 12km) sur la même ligne transporte voyageurs et produits à Versailles et Paris ; Bréval, (9km) sur la ligne de Cherbourg est la gare rendant le plus de services à la commune. Les engrais expédiés par le syndicat arrivent à Bréval ; c’est de Bréval que partent les cultivateurs qui vont à Maules y vendre du grain.

          Quelques renards et blaireaux sont tués chaque année sur le territoire à l’époque de la chasse ; les fouines, plus nombreuses, habitent dans les greniers à fourrages et détruisent quantité d’œufs et volailles.

 

 

           Etat de la propriété, Principales cultures, Elevage du bétail, Chevaux, bœufs, vaches, moutons, volailles, gibier, oiseaux, insectes, Animaux nuisible.

 

          La propriété est assez divisée, les plus petites pièces ont une superficie de 12 ares 50 (un quartier) et les plus grandes n’atteignent que 2 hectares (4 arpents). Tous les cultivateurs à peu près font valoir des terres dont ils sont les propriétaires ; quelques-uns cependant sont fermiers en même temps que propriétaires.

          On ne trouve aucune grande ferme, mais seulement des petites maisons de culture.

          Les principales plantes cultivées sont le blé, l’avoine et les plantes fourragères ; les cultivateurs ont la coutume de faire une récolte d’avoine après la récolte de blé et de laisser reposer la terre jusqu’au mois d’octobre et l’année suivante.

          Chaque cultivateur possède de 3 à 10 vaches et 1 ou 2 chevaux. Les vaches sont principalement élevées pour les veaux et le fumier ; le lait se vend à la laiterie de Bréval 13 centimes le litre en hiver et 9 à 10 centimes en été.

          Les veaux sont vendus maigres aux marchands de Dammartin ou d’Ivry, ou gras au marché de Houdan. Presque tous les veaux femelles sont élevés pour faire des vaches ; chaque année le cultivateur vend une ou deux vaches de son étable quand il a quelques génisses qu’il peut mettre à la place.

          Les cultivateurs n’achètent que des poulains de 6 mois à 1 an qu’ils payent de 400 f à 1000 francs, ces poulains sont presque tous de race percheronne et sont vendus lorsqu’ils atteignent 5 à 6 ans.

          On élève de grandes quantités de volailles dans la commune, poussins, canetons, oies et dindons, dans le courant de décembre les cultivatrices obligent à couver les dindes de l’année (elles appellent cela résoudre les dindes) : elles mettent sous chacune d’elles de 15 à 25 œufs de poules ; quand ces œufs sont éclos elles remettent d’autres œufs et ainsi pendant 3 à 4 mois.

          Les dindes sont ensuite engraissées et vendues.

          Toutes les volailles élevées dans la commune sont vendues grasses aux marché de Mantes et de Houdan qui sont ouverts le mercredi de chaque semaine, le prix moyen de ces volailles est de : poussin 3 f 50 à 6 f ; canard, 2 f 50 à 3 f 50 ; oie, 6 f à 8 f, dinde 6 à 12 f.

          Le gibier n’est pas rare sur le territoire ; on rencontre nombreux perdreaux et cailles ainsi que quelques lièvres.

          Beaucoup de nids de perdrix sont cependant détruits chaque année au moment des foins.

          L’animal nuisible le plus redouté du cultivateur est le rat qui non seulement cause de sérieux dégâts dans les meules de blé mais s’attaque même aux lapins et pigeons domestiques. Il lui est donc faut une guerre acharnée. Les chats n’étant pas suffisants, les pièges ne prenant que très rarement les rats devenus méfiants, les cultivateurs se sont abonnés à des chasseurs de rats qui viennent plusieurs fois l’année empoisonner ces malfaisants rongeurs.

 

 

 

II – Esquisse historique

 

Temps modernes et époque contemporaine. Monuments, châteaux, églises, mairie etc.

La Mairie fut construite en 1877 ; c’est un petit bâtiment carré n’ayant qu’un rez-de-chaussée.

          L’église, très ancienne est construite dans un style très simple, des réparations sont absolument indispensables. La commune qui a l’intention de réparer son église, a obtenu du département un secours de 500 f ; mais le devis établi par l’architecte de l’arrondissement se montant à 2527 f 13 la commune qui ne possède aucune ressource se propose d’ouvrir une souscription pour recueillir le complément de ressources.

 

 

 

 

III – Instruction publique

 

          L’école fut construite en 1893 et coûta 15 500 f dont :

  • Etat                   12128 f

  • Département     3032 f

  • Commune              340 f​

 

          Je suis le premier instituteur qu’ait possédé la commune et ai été nommé le 1er septembre 1895.

          Jusqu’en 1895, les enfants de Flins-Neuve-Eglise fréquentaient l’école de Tilly.

          La commune qui ne possède que de faibles ressources voulant s’attacher l’instituteur a tenu à lui faire un traitement à peu près aussi élevé que celui des instituteurs des communes environnantes qui ont un territoire bien plus grand et portant un revenu bien plus élevé.

          Les élèves, garçons et filles, fréquentant l’école au moins d’août dernier étaient au nombre de 28 dont 17 enfants de l’assistance publique de Seine-et-Oise ; un de ces derniers a obtenu le certificat d’études à Houdan le 3 juillet.

          Chaque année, du 15 novembre au 15 février, un cours d’adultes est ouvert 3 jours par semaine de 7 heures à 8 heures ½ du soir ; les jeunes gens fréquentent régulièrement le cours pendant les trois mois qu’il dure. Ils étaient 6 en 1895 ; 10 en 1896 ; 11 en 1897 et 6 pendant l’hiver dernier.

          L’Ecole n’est pas appelée à avoir une bien grande importance, la population ne varie jamais beaucoup et le nombre des élèves garçons et filles n’a jamais dépassé 29 ; c’est ce qui faisait dire à Mr l’Inspecteur primaire, dans son rapport du 12 Mai 1896, que sans les pupilles de l’assistance publique, l’école n’aurait pas raison d’être.

                                                                     Flins-Neuve-Eglise, le 18 septembre 1899

                                                                                                                                                                                  L’Instituteur

Source: archives départementales des Yvelines, monographie communale de Flins-Neuve-Église écrite par l'Instituteur le 18 septembre 1899, cote du document: 1T/MONO 4 [10] , transcription de Mathieu Thédié